La demande n’est pas de lui. Mais Henri Hervé Emmanuel Epacka, n’hésite pas à la refaire entre vers et prose. C’est qu’il n’a rien oublié de toutes les émotions qu’Ekambi Brillant lui a procurées au cours depuis sa plus tendre enfance.
« S’il te plait montre-moi le chemin de la vie,
Laisse-moi avoir un peu de lumière qui me guidera jusqu’à la fin de mon voyage »…
J’espère Brillant que tu y es parvenu pendant ta vie sur terre. Tout comme je sais que ce 12 décembre 2022, tu es parvenu à la fin de ton voyage sur terre.
Il y a des évènements, quoique naturels, qui nous surprennent toujours quand ils surviennent. Il en est de même de ton départ : car pour nous, malgré l’âge et la maladie, tu étais devenu l’immortel Mot’a Muenya.
« Les grenouilles chantent et les chouettes me poursuivent,
Mon corps tout entier tremble d’émoi et la sueur perle sur mon visage,
Même si je m’enfuis pour me cacher n’importe où,
Je sais qu’un jour viendra et je serai appelé »…
Ce 12 décembre 2022 est donc ce jour dont tu savais qu’il arrivera. Et tu as été appelé. Vas-y mon grand, et rencontre ton créateur que tu as servi à travers tes œuvres d’esprit qui resteront légendaires, et à travers lesquelles tu continueras à vivre, et à être célébré. C’est ce qui traduira ton immortalité l’Artiste. Repose en paix…
« L’étoile a brillé devant moi, et j’ai tremblé de peur
Alors que les yeux qui ont pêché, peuvent aussi rester en contemplation devant la lumière (Divine).
La rencontre
Cette étoile a brillé devant moi un jour. J’avais 12 ans à l’époque. Dans le quartier Ngodi, une ruelle qui servait de brettelle entre l’Avenue du Docteur Jamot et la Rue Pau. Elle avait la particularité que la Maman de Ekambi Brillant habitait quelque part sur cette route ; et à son entrée se trouvait une vendeuse de « Makala Haricots na Paf ». Et ce jour je venais d’être servi quand en me retournant, j’ai vu l’Etoile qui a brillé devant moi, devant mes yeux. Mon corps a tremblé d’émotion enfantine. J’ai laissé choir ma gamelle pour le toucher en criant son nom. Ce jour mon regard d’enfant est resté en contemplation devant la lumière Ekambi Brillant.
« Ma foi chancèle, mais je t’en supplie toi l’être supérieur, de me donner encore de l’énergie »…
Cette énergie que j’ai vu pour la dernière fois il y a environ trois ans, à l’endroit appelé Matanda au bord du fleuve Wouri, ou quoique malade, Brillant a fait danser dans un Play back improvisé, tous les invités qui étaient venu assister à une cérémonie commémorative. C’était beau ; ça a rappelé à plusieurs l’époque du EB’S (Ekambi Brillant Show).
Cette énergie, je l’invoque également pour les héritiers, ceux qui font la chanson camerounaise d’aujourd’hui, de demain et même d’après demain, pour nous produire des œuvres à la « Ekambi Brillant » et faire chanter des chorales étrangères en langue camerounaise.
« Chaque jour je pleure, parce que j’ai perdu la guerre ; celle de chaque jour, qui se nomme l’amour »…
Ekambi Brillant, le chantre de l’amour (la guerre que tu as préférée d’entre toutes), tu ne pleureras plus.
L’impuissance humaine face à la faucheuse nous rappelle une fois encore notre nature éphémère ; celle de l’HOMME.
Mais toi, EKAMBI BRILLANT, MOT’A MUENYA, tu étais l’Artiste qui ne mourra pas.
Merci pour tes œuvres que tu laisses à la postérité, et au patrimoine du Cameroun
Chapeau l’Artiste
P.S Le texte entre guillemets est la traduction (pas certainement fidèle) des paroles d’une chanson de Ekambi Brillant qui a marqué ma vie. Je vous invite aussi à l’écouter ; le titre est : Ngeya Longè (le chemin de la vie).
