Le président de la République centrafricaine est à nouveau porté à la tête du pays après un triomphe éclatant à l’issue des élections tenues le 28 décembre 2025, qu’il a remportées avec 76,15
Le verdict des urnes est tombé ce lundi 5 janvier 2026. Selon les résultats provisoires proclamés par l’Autorité Nationale des Élections (ANE), le président sortant Faustin-Archange Touadéra a été réélu dès le premier tour de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025. Avec un score écrasant de 76,15 % des suffrages exprimés, l’homme fort de Bangui s’assure un troisième mandat à la tête de la République centrafricaine (RCA).
Un plébiscite dès le premier tour

L’annonce, faite tard dans la soirée par le président de l’ANE, Mathias Barthélemy Morouba, consacre la domination du candidat du Mouvement Cœurs Unis (MCU). Derrière lui, le fossé est immense : son principal rival, l’ancien Premier ministre Anicet-Georges Dologuélé, n’obtient que 14,66 % des voix, suivi de loin par Henri-Marie Dondra avec 3,19 %.

Le taux de participation s’établit à 52,42 %, un chiffre en nette progression par rapport au scrutin de 2020, reflétant une situation sécuritaire plus stable dans plusieurs régions du pays, malgré les tensions persistantes.
Un troisième mandat né d’une réforme contestée

Cette réélection marque un tournant historique pour la RCA. Faustin-Archange Touadéra, 68 ans, a pu briguer ce nouveau mandat grâce à la réforme constitutionnelle de 2023, qui a supprimé la limitation du nombre de mandats et en a prolongé la durée de cinq à sept ans.
Si ses partisans célèbrent « l’homme de la stabilité » et du développement, ses détracteurs eux, dénoncent une dérive autoritaire.
L’opposition crie à la fraude

Le climat post-électoral reste lourd. Avant même l’annonce officielle, l’opposition, menée par Anicet-Georges Dologuélé, a dénoncé un « simulacre d’élection », entaché d’irrégularités massives.
« C’est une mascarade. Nos délégués ont relevé des fraudes systématiques dans de nombreux bureaux de vote », a déclaré M. Dologuélé, qui revendiquait sa propre victoire dès vendredi qui a suivi les élections.
La coalition de l’opposition avait d’ailleurs appelé au boycott du scrutin, contestant la légitimité de cette candidature pour un troisième terme.

Et maintenant ?
Les regards se tournent désormais vers la Cour constitutionnelle, qui dispose de quinze jours pour examiner les recours et proclamer les résultats définitifs. Si la victoire de Touadéra est validée, le grand défi de son prochain septennat sera de réconcilier une nation encore profondément divisée et de consolider une paix fragile sur l’ensemble du territoire.
