BANGUI –Ce dimanche 28 décembre 2025, 2,4 millions de Centrafricains se rendent aux urnes pour un rendez-vous électoral sans précédent. Pour la première fois, quatre scrutins se tiennent simultanément. Pour s’y retrouver, l’Autorité Nationale des Élections (ANE) a misé sur un code couleur strict : un guide essentiel pour chaque citoyen dans l’isoloir.
L’effervescence est palpable dès l’aube devant les bureaux de vote de la capitale et des provinces. Entre espoir de stabilisation et défi logistique, la République centrafricaine vit aujourd’hui une journée décisive. Mais avec quatre élections regroupées, présidentielle, législatives, régionales et municipales en une seule journée, la crainte de la confusion chez les électeurs était réelle.

Pour pallier cette difficulté, une signalétique chromatique simple a été instaurée. « L’objectif est que chaque Centrafricain, peu importe son niveau d’alphabétisation, puisse voter sans se tromper d’urne », explique un agent électoral dans le 4ème arrondissement de Bangui.
Quatre couleurs, quatre destins

Le principe est simple : la couleur du bulletin de vote correspond exactement à celle du couvercle de l’urne dédiée. Une harmonie visuelle qui rythme le parcours de l’électeur :
* Le Rouge pour la Présidentielle : Couleur de la magistrature suprême, le rouge habille les bulletins où les électeurs choisissent celui qui dirigera le pays pour les sept prochaines années.
* Le Bleu pour les Législatives : Pour le renouvellement de l’Assemblée nationale, c’est le bleu qui prédomine. Les futurs députés de la nation attendent leurs voix dans les urnes au couvercle azur.
* Le Gris pour les Régionales : Grande nouveauté de ce cycle, le gris représente l’échelon régional, marquant une étape clé vers la décentralisation voulue par les accords de paix.
* Le Blanc pour les Municipales : Enfin, le blanc est réservé au scrutin de proximité. Après des décennies d’attente, les citoyens choisissent leurs maires et conseillers municipaux avec ces bulletins immaculés.
Un défi logistique relevé

Sur le terrain, les observateurs nationaux et internationaux scrutent de près le bon déroulement de ce « quadruple saut » démocratique. Malgré les défis sécuritaires dans certaines préfectures, l’acheminement des kits, différenciés par ces fameuses couleurs, a été assuré avec l’appui de la MINUSCA.

Dans les files d’attente, les discussions vont bon train. « C’est un peu long avec quatre bulletins à remplir, mais le système des couleurs nous aide vraiment à ne pas mélanger les urnes. pour celui qui sera elu president, nous souhaitons avoir des emplois stable pour la jeunesse », confie une électrice après avoir déposé son dernier pli dans l’urne au couvercle blanc.

Les bureaux de vote fermeront leurs portes à 17h, laissant place à un dépouillement qui s’annonce d’ores et déjà long et minutieux, sous l’œil vigilant des représentants des candidats.
