Sur les sept candidatures validées par la Cour constitutionnelle, trois figures de proue se détachent par leur expérience et leur poids politique pour le scrutin présidentiel de ce 28 décembre 2025.
- 1. Faustin-Archange Touadéra (Le Président Sortant)
Surnommé le « Professeur », ce mathématicien de formation brigue aujourd’hui un troisième mandat, rendu possible par la nouvelle Constitution de 2023. Son profil : Ancien Premier ministre de François Bozizé, il préside le pays depuis 2016. Il se présente comme l’homme de la stabilité et de la reconquête territoriale. Ses atouts : Il dispose de l’appareil d’État et d’un ancrage solide …
À quelques heures de l’ouverture des bureaux de vote ce dimanche 28 décembre 2025, le débat politique en République centrafricaine a été largement dominé par une urgence : le panier de la ménagère et la relance d’une économie en quête de souffle.
Bien que la sécurité reste le socle de toute ambition, les trois favoris Faustin-Archange Touadéra, Anicet-Georges Dologuélé et Henri-Marie Dondra se sont affrontés sur des visions économiques bien distinctes pour sortir plus de 60 % de la population de l’extrême pauvreté.

Faustin-Archange Touadéra : La continuité et les « Grands Travaux »
Pour le président sortant, l’économie est indissociable de la souveraineté. Son programme s’appuie sur le Plan National de Développement (PND) 2024-2028.
L’industrialisation rurale : Touadéra mise sur l’agro-industrie pour transformer localement les produits centrafricains. Il promet la création de 5 000 emplois directs pour les jeunes via ce secteur.
Les infrastructures : Fort des 9 milliards de dollars d’engagements mobilisés lors de la table ronde de Casablanca en septembre 2025, il veut accélérer la réhabilitation des routes pour désenclaver les zones de production.
La numérisation : Sa stratégie repose sur la digitalisation de l’administration pour sécuriser les recettes de l’État et limiter les « déperditions » financières.
2. Anicet-Georges Dologuélé : Le choc de la rigueur et du secteur privé
L’ancien Premier ministre et banquier de profession a axé sa campagne sur une critique frontale de la gestion actuelle, qu’il compare à un « avion en panne ».
Le salut par le Privé : Pour Dologuélé, l’État ne peut pas tout. Son projet vise à créer un environnement fiscal attractif pour que le secteur privé devienne le principal pourvoyeur d’emplois, particulièrement pour les diplômés au chômage.
Réforme des Finances Publiques : Il propose une orthodoxie budgétaire stricte pour rassurer les bailleurs de fonds internationaux (FMI, Banque mondiale) et rétablir la crédibilité financière du pays.
Investissement Humain : Il lie l’économie à l’éducation, estimant qu’une main-d’œuvre qualifiée est la condition sine qua non de l’attractivité du pays.
3. Henri-Marie Dondra : La « Refondation » et le social
Ancien ministre des Finances, Dondra tente de se positionner comme le candidat de la « troisième voie », conciliant expertise technique et proximité sociale.
Amélioration du pouvoir d’achat : C’est le cœur de son message. Il propose des mesures immédiates pour stabiliser les prix des produits de première nécessité.
Diversification des partenariats : Contrairement à la polarisation actuelle, il prône une ouverture économique totale, travaillant aussi bien avec les partenaires traditionnels (France, UE) qu’avec les nouveaux alliés (Russie, Chine, Rwanda) pour maximiser les investissements.
Gouvernance et Transparence : Il insiste sur la « moralisation » de la vie publique, estimant que la corruption est le premier frein à la croissance.
Si Touadéra joue la carte de la réalisation de projets déjà lancés, Dologuélé et Dondra parient sur une rupture de méthode. Le défi reste immense : transformer une croissance encore fragile en une « prospérité partagée » dans un pays où le coût de la vie demeure la préoccupation numéro un des électeurs.
Alicia Emvoudou,à Bangui
