La romancière, figure emblématique de la littérature et de la défense des droits des femmes, est officiellement devenue Ambassadrice de bonne volonté d’ONU Femmes. La signature de cette convention, qui s’est déroulée le 26 novembre 2025 dans les locaux de l’organisation à Yaoundé, marque un engagement décisif.
L’auteure et militante camerounaise de renom, Djaïli Amadou Amal, a scellé son engagement avec ONU Femmes en signant une convention la désignant Ambassadrice de bonne volonté. Cette cérémonie retentissante s’est tenue au siège de l’organisation, marquant un prélude puissant à la 19e édition de la campagne mondiale des 16 Jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles. Cette nouvelle édition, placée sous le thème percutant « Unis pour mettre fin à la violence numérique à l’égard de toutes les femmes et filles », a trouvé en l’auteure une championne de taille, capable de porter le message au-delà des cercles institutionnels.
Le cri des chiffres : Contexte camerounais alarmant
L’alliance entre ONU Femmes et Djaïli Amadou Amal prend une dimension particulière au regard des statistiques nationales qui dressent un tableau sombre de la situation des violences basées sur le genre (VBG) au Cameroun.
Les chiffres rappellent l’urgence d’une mobilisation totale :
* Plus du tiers des femmes victimes : 37,3% des femmes en union ou en rupture d’union ont subi des actes de violence (émotionnelle, physique et/ou sexuelle) de la part de leur conjoint.
* L’ampleur du silence : Un chiffre particulièrement préoccupant révèle que 52% des femmes victimes n’ont cherché aucune aide et n’ont parlé à personne de ce qui leur était arrivé, soulignant la peur, la stigmatisation et le manque de confiance dans les mécanismes de soutien.
* Violence précoce : Plus de la moitié des femmes, soit 54,6%, ont été victimes d’une forme de violence dès l’âge de 15 ans.
* Violences traditionnelles et régionales : Si les mutilations génitales féminines touchent 1,4% des femmes au niveau national, cette proportion grimpe à près de 20% dans les régions de l’Extrême-Nord et du Sud-Ouest, illustrant les disparités régionales. Le mariage précoce, quant à lui, affecte 11,4% des jeunes filles de moins de 15 ans et atteint 36% des jeunes filles de 18 ans.
Ces chiffres mettent en lumière la nécessité d’une action coordonnée, allant du renforcement des lois à l’éducation, et désormais, à la sécurisation de l’espace numérique.
De la littérature au cyber-activisme
Djaïli Amadou Amal, connue pour avoir brisé le silence sur des thèmes comme le mariage forcé et les violences conjugales dans ses œuvres, étend logiquement son champ d’action au cyberespace.
« Mon engagement aujourd’hui est de m’assurer que la technologie, qui devrait être un outil d’autonomisation, ne devienne pas une nouvelle prison pour les femmes et les filles, » a déclaré la nouvelle ambassadrice lors de la cérémonie. Elle a insisté sur l’importance de donner aux femmes les moyens de se défendre contre le harcèlement en ligne, la diffusion illégale d’images et le doxing, des actes qui visent à faire taire leurs voix.
Le partenariat entre la militante et ONU Femmes vise à capitaliser sur sa notoriété pour sensibiliser aux formes de violence les plus visibles comme les plus cachées, tout en fournissant un soutien aux victimes et en plaidant pour un environnement numérique plus sûr. Ce nouvel engagement promet d’être un moteur puissant pour l’édition 2025 des 16 Jours d’activisme, forçant la société camerounaise à confronter l’intégralité des violences qui freinent l’égalité des genres.
