La Peste des Petits Ruminants (PPR) coûte chaque année plus de 2 milliards de dollars à l’économie mondiale. Pour une riposte régionale coordonnée pour éradiquer ce « tueur de troupeaux » d’ici 2030, les experts de la CEEAC se sont réunis au Cameroun.

C’est un front commun qui s’est ouvert à l’Hôtel Merina de Yaoundé. Depuis le 21 avril, et jusqu’au 23, les directeurs des services vétérinaires des États membres de la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) sont en conclave. La surveillance de la Peste des Petits Ruminants (PPR) et des autres maladies animales transfrontalières est au cœur des débats.
Le constat dressé par le Dr Antonio Luis Querido, Représentant de la FAO au Cameroun est sans appel. La PPR n’est pas qu’une simple pathologie animale ; c’est une onde de choc sociale. En affectant plus de 70 pays, elle menace directement la survie de 300 millions de familles rurales. « Chaque année, cette maladie entraîne des pertes économiques estimées à 2,1 milliards de dollars américains », a-t-il rappelé, soulignant l’urgence d’une action massive.
Le Cameroun, bon élève de la riposte

Le pays, via le Projet de Développement de l’Élevage (PRODEL) financé par la Banque mondiale, fait figure de modèle. Grâce au plaidoyer du Ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA), le pays a su moderniser ses services vétérinaires et mobiliser efficacement les éleveurs sur le terrain. La jeunesse camerounaise brille également sur le plan scientifique : deux chercheuses du pays ont récemment été distinguées par le Prix spécial PPR lors du Forum mondial de l’alimentation, prouvant que la relève académique est prête.
L’Union Africaine et les chefs d’État, réunis à Kampala en 2025 visent l’éradication de la PPR est une priorité absolue du plan d’action 2026-2035. Pour transformer cette ambition en réalité, la FAO a dévoilé sa feuille de route pour les années à venir. Cartographier avec précision des zones de circulation du virus (épisystèmes), effectuer une vaccination ciblée basée sur les risques réels, procéder à la mobilisation massive des ressources financières. Le renforcement technique des services vétérinaires et les partenariats stratégiques avec les bailleurs (UE, USA, Japon, Banque mondiale). Le succès de cette lutte repose sur la coopération transfrontalière. À l’heure où la sécurité alimentaire est un défi mondial, la victoire contre la PPR serait bien plus qu’un succès vétérinaire, ce serait une bouffée d’oxygène pour des millions de producteurs africains.
